Des responsables gouvernementaux, d’organisations multilatérales de développement, du secteur privé et de la société civile ont plaidé le 13 mai, à Abidjan, en faveur d’une meilleure prise en compte des femmes dans la promotion des pratiques et technologies de l’agriculture climato-intelligente, en pleine expansion en Afrique. Cela permettra de leur point de vue, de développer et renforcer les mécanismes d’adaptation au changement climatique.

En marge de la COP 15, qui se tient à Abidjan du 9 au 20 mai, une session sur le thème, « l’agriculture climato-intelligente et le genre » a été organisée à l’initiative de l’Institut mondial pour la croissance verte (GGGI), la Banque africaine de développement, le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et l’ambassade de Grande Bretagne en Côte d’Ivoire.  

Depuis la production jusqu’à la commercialisation, les femmes sont présentes tout au long de la chaîne de valeur agricole en Afrique et à ce titre sont les premières victimes des effets du changement climatique. Elles sont exclues des droits de propriété foncière et ont peu accès aux technologies agricoles innovantes. Or, l’écart entre les sexes dans l’agriculture, s’il n’est pas comblé, peut avoir des répercussions importantes sur l’adoption et la durabilité des pratiques de l’agriculture climato-intelligente en Afrique.

Les participants ont insisté sur l’impérieuse nécessité pour les femmes d’accéder aux droits fonciers, aux services d’épargne, aux prêts et aux pratiques et technologies climato-intelligentes. Abidjan, 13 mai 2022.

Il a été relevé que les développements récents au niveau politique donnent l’espoir d’une adoption à grande échelle de l’agriculture climato-intelligente pour améliorer la résilience au changement climatique et la sécurité alimentaire en Afrique.

Pour les participants, les gouvernements africains doivent augmenter les niveaux d’investissements agricoles afin de créer des mécanismes financiers adéquats et efficaces pour parvenir à une adoption à grande échelle de l’approche agricole climato-intelligente. De même, gouvernements, partenaires et institutions impliqués dans l’adaptation au changement climatique et l’atténuation, devront s’associer aux femmes et aux organisations communautaires dirigées par des femmes et aller au-delà de la productivité agricole et le soutien à la génération de revenus. Aller au-delà est nécessaire pour permettre aux femmes d’accéder à part entière aux droits fonciers, aux services d’épargne, aux prêts et aux pratiques et technologies climato-intelligentes.

« En tant que bailleurs, nous devons avoir des ambitions très élevées : intégrer le genre comme norme dans nos programmes sur l’agriculture intelligente. Les gouvernements en Afrique doivent rendre prioritaire la prise en compte du genre qui doit également faire partie de toutes nos discussions », a indiqué Julian P. Writgt, conseiller principal en matière de climat pour l’Afrique de l’Ouest à l’ambassade de Grande Bretagne en Côte d’Ivoire.

Les stratégies innovantes de la Banque africaine de développement

La session a été scindée en deux parties. Le premier panel sur « l’agriculture intelligente face au climat et le lien avec l’énergie », a regroupé le responsable régional pour l’Afrique de GGGI, chargé de d’agriculture climato-intelligente et de réseaux énergétiques, Dr Omar Diouf. Il a exposé sur les liens entre « énergie, agriculture intelligente et climat » et, le directeur Afrique de l’Ouest d’Électricité de France, Mahamane Sow qui a exposé sur les solutions d’énergie solaire pour les zones rurales en Afrique ainsi que le responsable régional de l’environnement et du changement climatique pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre du FIDA, Amath Pathe Sène. Il a expliqué les « mécanismes de financement et les opportunités d’investissement dans l’agriculture climato-intelligente en Afrique.

Le deuxième panel animé par Mme Martine Zogbé, directrice chargée du genre à l’Initiatives pour le développement communautaire et la conservation de la forêt (IDEF) une ONG ivoirienne, Julian P. Wright et Ablassé Bilgo de la Banque africaine de développement a montré la nécessité d’intégrer le genre dans l’agriculture climato-intelligente pour rendre le secteur agricole plus productif, durable et résilient au changement climatique. Ablassé Bilgo, chargé en chef de l’Agriculture climato-intelligente à la Division de recherche agricole, production et durabilité à la Banque a souligné que l’institution a mis en place une Stratégie genre pour la période 2021-2025 qui repose sur trois piliers : autonomisation des femmes par l’accès au financement et aux marchés, accélération de l’employabilité et création d’emplois, et l’accès aux services sociaux grâce aux infrastructures.

Selon M. Bilgo, les questions du genre sont intégrées dans les composantes des projets et programmes liés à l’agriculture climato-intelligente de la Banque. Il a précisé que la Banque met en œuvre depuis 2015 deux initiatives majeures visant à accélérer l’adaptation de l’agriculture africaine au changement climatique : Il s’agit du programme des Technologies pour la transformation de l’agriculture africaine (TAAT), et le Programme africain d’agriculture intelligente face au climat (ACSA) pour l’adoption à grande échelle de technologies intelligentes face au climat.

Pour suivre les discussions des panels, cliquer ici.


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Source African Development Bank Group

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