
« J’ai pris un compteur pour la maison et un autre pour mon bistrot que je vais ouvrir prochainement, déclare fièrement Joseph Mah, président du canton. Nous avons longtemps attendu l’arrivée de l’électricité. Aujourd’hui, c’est plus qu’un soulagement grâce à la Banque africaine de développement. Et nous n’avons pas déboursé le moindre centime pour la pose de ces compteurs ! »
« Des boutiques, des kiosques à café et des maquis commencent à prendre leurs marques dans le village, constate-t-il. D’autres activités génératrices de revenus seront créées ici et cela grâce au raccordement électrique. Nous en sommes heureux. »
Comme d’autres villages de l’ouest du pays, Guianleu bénéficie du Projet de renforcement des réseaux de transport et de distribution d’électricité (PRETD), financé à hauteur de 137,8 millions d’euros par la Banque africaine de développement. Mis en œuvre dans le district des Montagnes, ce projet va permettre, entre autres, la connexion de 252 localités au réseau national d’ici à la fin de l’année 2020.
À une dizaine de kilomètres de Guianleu, au bout d’une route poussiéreuse, les habitants des localités reculées de Glégouiné et Lekpepleu trépignent d’impatience. Déjà sous tension et avec les niches construites, ces villages de 80 et 100 foyers respectivement, attendent la pose des compteurs.
« Voir le village éclairé la nuit nous procure une immense joie, explique Bernard Gnan, producteur de cacao à Glégouiné. Avant, à 19h déjà, on ne partait pas loin de sa maison, même avec la lampe tempête. Mais depuis qu’il y a l’électricité, les gens sortent jusqu’à minuit ». Il attend désormais le raccordement de sa maison pour allumer sa télévision et activer les chaînes cryptées auxquelles il s’est abonné.

Le poste de haute tension de Duékoué est actuellement en travaux de génie civil. Le matériel électromécanique a été déjà fourni sur le site de quatre hectares. « Le chantier avance bien, tout comme le projet dans son ensemble, confirme Raymond Kitandala, expert en énergie à la Banque africaine de développement. Ce projet vise à améliorer la performance des réseaux électriques en réduisant le temps moyen de coupure, les énergies non distribuées et les pertes techniques. »
La Banque travaille à ce que tout l’ouest du pays soit couvert jusqu’à la zone frontalière avec le Liberia, précise-t-il. « Chaque localité aura l’électricité et chaque foyer sera connecté au réseau. C’est un défi que la Banque va relever, en synergie avec le gouvernement ivoirien et la société publique Côte d’Ivoire Énergies », conclut Raymond Kitandala.





