Les Banques multilatérales de développement ont partagé, lundi, leur expérience sur l’article 6 de l’Accord de Paris, au cours d’une réunion organisée en marge de la 26ème conférence de la Convention des Nations unies sur le climat (COP26), ouverte dimanche à Glasgow.

Plusieurs banques multilatérales de développement, notamment la Banque africaine de développement, la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement, la Banque interaméricaine de développement, et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, ont participé à cette réunion. Elle se voulait un moment de partage d’informations et d’enseignements tirés des activités des banques multilatérales de développement afin de mieux appliquer l’article 6 de l’Accord de Paris sur le climat, adopté lors de la COP21 en 2015. Les alinéas 2, 4 et 8 de l’article 6 soulignent notamment le rôle des approches de coopératives marchandes et non marchandes pour accroître l’ambition climatique, améliorer la transparence et assurer un suivi et des rapports solides.

L’engagement de la Banque africaine de développement pour le soutien financier aux pays africains en matière de lutte contre le changement climatique est passé de 9% en 2016 à 36% en 2019. En trois ans, la Banque africaine de développement a ainsi  triplé ses financements et devrait renforcer les mesures pour qu’ils soient utilisés à bon escient.

Pour le conseiller au groupe changement climatique à la Banque mondiale, Chandra Shekha Sinha, les banques multilatérales de développement travaillent à augmenter les financements à travers les marchés climat. Quant aux « entrepôts climatiques », ils sont « des concepts et prototypes mis en place pour les futures générations des marchés climats. ». Les Banques multilatérales de développement ont déjà fait leurs preuves en aidant des pays à construire des bases de données fiables sur le changement climatique. La Banque mondiale, dans le cadre de l’appropriation de l’article 6, a facilité la rédaction d’une dizaine d’articles dont quatre ont déjà été publiés et les six autres attendent d’être publiés.  

Selon Chandra Shekha Sinha, le concept d’entrepôts climatiques sert à la création des modes d’occupation des sols (Mos).

Pour Gareth Phillips, chef de la Division finance climatique à la Banque africaine de développement, les projets soumis à la demande de financements, bien qu’économiquement attractifs ne le sont pas souvent financièrement. La Banque africaine de développement a tiré des leçons du mécanisme de développement propre. Gareth Phillips a souligné la nécessité pour les institutions multilatérales de développement de parler le  même langage en ce qui concerne la mise en œuvre de l’article 6. Il a présenté le mécanisme des avantages de l’adaptation, un mécanisme innovant, développé par la Banque africaine de développement pour mobiliser des financements nouveaux et supplémentaires du public et du privé pour une meilleure action d’adaptation au changement climatique. Ce mécanisme a le potentiel d’accélérer la transformation vers un développement sobre en carbone, résilient et durable des pays d’accueil en valorisant la résilience, a précisé M. Phillips.

L’importance de la mise en œuvre de l’article 6 de l’Accord de Paris a été reconnu aussi bien par les exposants que par les panélistes. Selon Virender Kumer Duggal, spécialiste du changement climatique à la Banque asiatique de développement, il faut déterminer le schéma de collaboration entre les banques multilatérales de développement afin de promouvoir la mise en œuvre de l’article 6 qui ne doit être vue de manière isolée mais doit s’inscrire dans un processus global.

Spécialiste du changement climatique à la Banque interaméricaine de développement, Adrien Vogt-Schilb, a insisté sur l’importance de réduire drastiquement toute source d’émission de gaz à effet de serre.

Source African Development Bank Group

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