A l’aube du 4 mai 2021, une symphonie de notes aigues envahit doucement les couloirs du service de néonatalogie de la Clinique Ain Borja Casablanca, au Maroc. Lumière crue, visages masqués et gestes précis, une nuée de médecins et d’infirmières s’active au bloc opératoire pour accueillir des nouveau-nés qui livrent leurs premiers cris.
Ce jour-là, une jeune malienne a donné la vie à des nonuplés, une véritable première mondiale. La clinique, située dans la capitale économique du Maroc, vient d’entrer dans la cour des grands. Pour relever ce défi, une équipe de gynécologues, pédiatres, réanimateurs-anesthésistes, cardiologues puéricultrices assistés par plus de 20 personnels paramédicaux, fut mise à l’épreuve. La pression était considérable : il fallait à la fois maintenir en vie la maman et sauver neuf grands prématurés au pronostic vital, pour la plupart, engagé.
« C’est un sentiment extraordinaire, une immense fierté. Encore aujourd’hui, quand j’y pense, j’ai chaud au cœur », se rappelle, avec émotion, l’infirmière en cheffe du service de néonatalogie, Soumia Arkoubi.

Pour le chef d’orchestre, ce succès n’est pas une surprise : « on nous perçoit comme un pays en voie de développement alors que nous avons les compétences et les équipements aux normes internationales. Bref, tous les ingrédients pour réussir », explique le professeur El Alaoui.
La Clinique Ain Borja Casablanca est un des fleurons d’Akdital, un groupe de santé privé qui gère neuf établissements à travers le Maroc. Il développe une offre pluridisciplinaire de soins dans des domaines très spécialisés, notamment la réanimation pédiatrique, la chirurgie cardiaque ou encore l’oncologie.

C’est à son fondateur que le groupe Akdital doit son essor mais également à l’ouverture de son capital au fonds d’investissement Mediterrania Capital Partners (MCP), soutenu par la Banque africaine de développement. Ce véhicule financier investit dans des petites et moyennes entreprises au fort potentiel qui cherchent à se développer sur le continent dans des secteurs aussi variés que la santé, l’industrie, l’agriculture ou l’éducation.
En 2017, la Banque a ainsi pris une participation de 15 millions d’euros, contribuant à l’expansion du groupe Akdital, qui ouvrira ensuite sept nouveaux établissements.


C’est aussi un enjeu pour le continent. Les défis à relever sont à la taille de l’Afrique, dont la population quadruplera d’ici à la fin du siècle pour atteindre environ 4,5 milliards d’habitants. Alors que les luttes contre le SIDA, le paludisme et les maladies diarrhéiques chez l’enfant se poursuivent sur le continent, l’établissement de passerelles sanitaires entre les pays du continent est un recours évident. La Banque africaine de développement le favorise en soutenant un processus d’intégration via des acteurs publics mais également privés.
Naître, guérir, se relever, soigner, favoriser la vie relève parfois de l’épreuve mais aussi de l’exploit, comme ce fut le cas de cette jeune Malienne.
Car chaque vie compte. Car chaque destin compte.










